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Tournoi inter-communautés 2014/2015

TOURNOI INTER COMMUNAUTES 2014

Poule A
Gabon, Tchad, Niger-Italy

Burkina Faso

Poule B
Côte-d'Ivoire, Mauritanie
Guinée, Bénin,Mali, Centrafrique

1er Tour

Burkina Faso / Gabon-Tchad
0   /    1

Mali-Bénin / Côte-d'Ivoire- Mauritanie
0/  5
2ème Tour

Niger-Italy / Gabon-Tchad

0   / 0

Centrafrique-Guinée / Mali-Bénun

2 / 4

3èmeTour

Burkina faso  /  Niger-Italy
2  /1
Côte-d'Ivoire- Mauritanie / Centrafrique-Guinée

4 / 2

Demi-Finales
Gabon-Tchad / Côte-d'Ivoire- Mauritanie
7 / 0
Burkina Faso / Mali-Bénin
3 / 0
Finale
Gabon-Tchad / Burkina Faso

0 / 1

Troisième place
Mali-Bénin / Côte d'Ivoire
1 / 0
DECORATIONS:
Meilleur buteur: Dembélé
Meilleur joueur:  Bansé Azaria
Equipe la + Fair-Play : Centrafrique-Guinée

Révélation: Samuel Ledianza

Total des buts: 34

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Accueil DIRECTION DES ETUDES Discours d'usage(2008)
Discours d'usage Imprimer Envoyer
Distribution des prix - Palmares

Prononcé par : Monsieur Charles CAMARA, Professeur de Lettres Classiques

Charles Camara

M. Charles Camara

Monsieur le Ministre d’Etat, Ministre des Forces Armées,
Monsieur le Gouverneur de la Région de Saint-Louis,
Monsieur le Général de division, Chef d'Etat Major Général des Armées,
Monsieur le Président du Conseil Régional,
Excellences, mesdames et messieurs les ambassadeurs,
Messieurs les Consuls,
Monsieur l'Inspecteur d'Académie de Saint-Louis
Messieurs les Généraux,
Messieurs les attachés militaires
Messieurs les officiers, sous-officiers, militaires du rang
Honorables invités,
Chers collègues,
Chers élèves,

L'honneur nous échoit cette année de prononcer le discours d'usage de cette cérémonie de distribution solennelle des prix au cours de laquelle sont récompensés nos élèves les plus méritants.
Vous me permettrez, cependant, avant cela, d’entretenir l’assistance sur le thème,

Le ludique au service du pédagogique, ou le périscolaire au service du scolaire

L’éducation tient une place considérable dans toutes les sociétés. De l’agora grecque au collège moderne, de la medersa à l’université, l’histoire de l’école est une odyssée fantastique, celle de la conquête du savoir pour le triomphe de l’esprit. Le rôle de l’école n’est pas, simplement, d’assurer la diffusion et la transmission du savoir ; il est aussi d’éclairer le chemin des hommes, en repoussant les frontières de l’ignorance, le lit de toutes nos angoisses. De l’antiquité à nos jours, en élargissant constamment le faisceau des connaissances, l’école a, ainsi, contribué de manière prodigieuse au développement de nos civilisations.

A l’heure du village planétaire, à l’orée du troisième millénaire, comme incapable soudain de s’adapter aux mutations en cours, l’école peine à suivre le progrès social. Sous le poids des âges, de la poussière et de la routine, la noble institution est devenue un immense cimetière où nos enfants s’ennuient, à mourir. Alors que le monde change, l’éducation piétine. L’édifice s’empêtre, d’année en année, dans une profonde léthargie.

D’un côté des programmes parfois inadaptés à la réalité, concentrés indigestes de connaissances encyclopédiques et de certitudes surannées, de l’autre, des enseignants pas toujours à l’aise, parce que pas toujours à la page, et surtout, entre les deux, une gestion austère d’un univers en pleine expansion qui a plutôt besoin de rêves et d’imaginaire, pour s’émanciper.

Comment amener l’école à ne pas faillir à sa vocation première ? Comment répondre aux attentes sociales ? C’est-à-dire, être à l’avant-garde, et pousser les nouvelles générations à toujours imaginer un monde meilleur ? Comment susciter au sein de la communauté scolaire l’enthousiasme qui doit en être le moteur ?

Le monde change. Il faut dégraisser le mammouth, pour l’adapter à son temps et à son public. Les crises répétées de l’école (grèves des enseignants, déperditions scolaires, etc.…) ne sont qu’un épiphénomène d’un malaise général, plus profond, dont les racines seraient plutôt à rechercher dans le fonctionnement rigide et sclérosé d’un système qui a du mal à se renouveler.

Est-ce le chant du cygne pour l’école ? L’école, lieu de rencontres et de convergences de tous les temps, espace en mouvement, immense studio en création qui s’est nourrie de la rigueur du travail intellectuel et du plaisir de l’expérience, l’école, véritable laboratoire de l’histoire qui s’est défait de toutes nos idées reçues !
Il conviendra donc, pour rompre avec l’enseignement fonctionnaire, routinier et abêtissant, de laisser place à une pédagogie plus appropriée, non pas déclinée comme une simple approche académique des catégories du savoir, mais qui prenne en charge les compétences propres à préparer chaque étudiant à la vie active . Cette nouvelle formule pédagogique se conçoit « comme une hygiène du mental », plutôt que comme « une accumulation de connaissances pour elles-mêmes ». Tenant compte des rythmes de développement de l'enfant et aussi de celui des données socioculturelles qui déterminent le milieu environnant dans lequel il évolue, notre projet pédagogique induit naturellement la participation volontaire de nos élèves.

La psychologie de l’apprenant reflète son statut social économique et culturel et cette réalité fluctuante de l’enfant en devenir est le matériau sur lequel intervient la pédagogie. Si le maître n’arrive pas à concilier son action sur ces données socioculturelles, quelle que soit sa pertinence, tout l’échafaudage de son projet pédagogique risque d’en pâtir et l’élève lui-même rechignera à endosser le corset imposé. D’où l’intérêt pour l’enseignant d’être toujours à l’écoute des tendances et des influences quantitatives et qualitatives propres à éveiller la curiosité de l’apprenant, et, par delà, à provoquer son adhésion à la démarche de son cours.

Depuis Aristote, c’est l'innovation essentielle apportée par John Dewey et Maria Montessori, les pionniers de l’école nouvelle, courant de la pédagogie né à la toute fin du XIXe siècle. L’ « éducation nouvelle », qui préconise la participation active de l'enfant à sa propre formation, réside dans quelques principes simples : « chercher à rendre l'enfant actif, partir de ses centres d'intérêt, s'efforcer de susciter la coopération plutôt que la compétition, privilégier la découverte par rapport à l'exposé ».

L’intérêt de cette démarche est de transformer, autant que possible, l’expérience de la découverte en activité ludique. Etrangement, le radical latin LUDUS (loidos) signifie école et jeu, à la fois. Dans le dictionnaire latin français de Félix Gaffiot (Hachette 2001), page 435, on trouve l’expression ludi magister (maître de jeux) pour parler du maître d’école. C’est dire à quel point les deux activités étaient synonymes, dans l’esprit des anciens romains. Comment concevoir le travail de l’esprit autrement qu’en activité récréative ? L’étude dialectique de l’apprentissage et du jeu, par ailleurs, est une piste intéressante à explorer car, loin de s’opposer, au contraire, l’un est nécessairement un dérivatif de l’autre. « Studere, ludere », « s’instruire en s’amusant » par conséquent, comme auraient dit les latins.

Le ludique au service du pédagogique ! Le prétexte convient parfaitement à notre cadre de vie, où les loisirs occupent de plus en plus une place prépondérante. La prolifération des médias, notamment l’intrusion de l’informatique dans notre environnement quotidien, est entrain de bouleverser en profondeur le cadre scolaire. Cette agression, en permanence, des nouveaux supports du savoir a précipité la fin de l’école fonctionnaire, impuissante à conjuguer avec les nouvelles aspirations et tendances sociales. Sous l’impulsion d’une demande de plus en plus forte du public scolaire, peut-être portée par le vent du libéralisme, fort heureusement, les programmes scolaires sénégalais lâchent du lest pour faire plus de place au périscolaire.

Sans grands moyens, le périscolaire ambitionne de donner envie aux potaches et à leurs professeurs de se retrouver en classe ou en dehors des salles de cours, pour transformer les murs lézardés et l’horrible tableau noir en une grande salle de jeux ,avec écran géant.

L’école sénégalaise a rompu depuis avec la morosité des jours ternes pour un programme gai, distractif inspiré du patrimoine artistique, culturel et scientifique de nos enfants. En quelques années, le périscolaire nous a offert à apprécier les trésors et les talents insoupçonnés dont recèlent nos établissements, en matière de savoir faire et d’aptitudes pratiques.

La plus grande révolution, à mon sens, que le périscolaire a apportée dans la pédagogie, est, à titre d’exemple, la création du journal scolaire. Mis entre leurs jeunes mains, lorsqu’ils ont véritablement le sentiment que c’est une tribune pour l’expression de leurs propres fantasmes, nos élèves sont capables de tous les prodiges. Chaque lycée ou collège possède le sien ou envisage sérieusement d’en étrenner un jour. La tenue ,en mai dernier, à Dakar, de la troisième édition du festival international de journaux lycéens(F.I.J.L) qui leur est consacré, le fait que le chef de l’état ait reçu ,l’an dernier, les lauréats des deux premières éditions attestent du succès de la presse scolaire sénégalaise. Encadrée, la vocation du journaliste en herbe s’enrichit de l’esprit de groupe ; à l’ombre d’un tutorat discret qui lui prête son expérience, elle s’éclot avec vigueur et devient lumière.

Le jour n’est plus loin où lycéens et collégiens, à présents rompus à la fabrication de journaux écrits, vont investir un autre créneau des médias, l’univers de la radio. Fort d’une quarantaine d’années d’expérience avec la Voix de l’Enfant de Troupe (la VET), le Prytanée Militaire, en pionnier visionnaire, avait déjà inauguré cette ère. L’expérience de VET FM 98.7 a tourné court, tout simplement à cause de notre voisinage avec la tour de contrôle de l’aéroport de Saint-Louis et aussi, suite aux sages mises en garde de Mr Matar Sylla, alors directeur de la Télévision Nationale, qui, lors d’un passage remarqué dans notre école, avait porté notre attention sur l’exploitation non réglementée d’une fréquence radio. Depuis, le contexte a beaucoup évolué. Grâce à un projet ambitieux, rendu possible par les nouvelles techniques de la communication, la Radio Scolaire Sénégalaise s’apprête à s’étendre sur la toile, avec des programmes entièrement conçus et réalisés par des élèves. Dans le même sillage, la télévision scolaire n’est pas en reste. A une époque où n’importe quel adolescent est capable de monter son propre studio d’images, avec une caméra amateur, un téléphone portable reliés à un lecteur vidéo ou un graveur cd, bientôt, de Ziguinchor à Dakar, de Saint-Louis à Paris, les élèves pourront monter, via le net, leur propre chaîne de télé et s’échanger, en même temps que leurs professeurs, des compte-rendu de cours, des reportages, des documentaires faits école, et bien sûr les dernières tendances artistiques et culturelles de leur patelin.

Autre domaine d’investigation qui prolifère en milieu collégien et intervient comme une discipline à part entière dans la plupart des établissements : la troupe théâtrale. L’introduction du festival interscolaire de théâtre (FIST) dans les mœurs scolaires a redonné à la comédie ses lettres de noblesse au sein de la classe. Le jeu de rôle est non seulement une discipline qui fédère toutes les disciplines, c’est avant tout une grande école de la vie. Pour leur plus grand bonheur, chaque année, nos apprenants préparent, avec le plus grand soin, ces joutes désormais inscrites dans l’agenda du ministère de l’éducation.

Quant à l’arrivée fracassante du hip hop dans la cour des lycées, elle fut, déjà, en soi, perçue comme un scandale à donner la migraine à plus d’un proviseur. Aujourd’hui, cet art poétique est, lui aussi, inclus dans le programme officiel, une heureuse initiative qui a réconcilié la génération rap avec l’école. Cette année, c’est le ministère de l’éducation lui-même, en partenariat avec le Projet Qualité, qui a veillé à la sortie du premier cd scolaire de rap (Eloge de l’autre, sous la direction du rappeur Fou Malade, avril 2008), où le Prytanée Militaire, nonobstant l’uniforme et la réputation, figure en bonne place, à la surprise générale.

Mais il faut sans doute rendre à César ce qui est à César. Le programme francophone Génies en Herbe fut le véritable détonateur de la pédagogie par le jeu, et son impact sur le milieu scolaire a été déterminant pour ennoblir le périscolaire et ouvrir la voie à d’autres initiatives. Faut-il le rappeler ? Par deux fois, le Prytanée a été champion du monde dans cette compétition internationale.

On me dira que mes références ne sont jusque là que littéraires. Qu’il me soit alors permis d’évoquer, entre autres souvenirs marquants, la soirée mémorable que nous avons passée sous l’esplanade , ici même, élèves, professeurs et encadreurs, à observer Saint-Louis sous les étoiles, en vrais astronomes et avec de vrais télescopes ! En grandeur nature, la classe de physique se passait en plein air et nous apprîmes, en quelques heures, ce que les professeurs avaient mis toute leur vie à nous expliquer ! Enfin, permettez, mon colonel, de divulguer l’un vos grands chantiers, qui a permis la réalisation par le biais du club environnement non seulement de vergers et potagers dans l’enceinte du Prytanée, mais aussi d’un espace naturel de conservation des espèces utiles à l’étude d’une flore riche et variée.

A la formation académique basée sur des objectifs pédagogiques d’acquisition théorique des connaissances, il convient désormais de rattacher une formation pratique, orientée sur la maîtrise de compétences. Dans un contexte qui les confronte de plus en plus aux nouvelles exigences de l’universalité, les apprenants doivent être formés en savoirs mais aussi en savoir-faire. La professionnalisation des filières de formation ne conçoit pas l’un sans l’autre.

L’éducation est certes,comme le définit le Littré, « l’action d’élever un enfant, l’ensemble des habitudes intellectuelles et manuelles qui s’acquièrent et l’ensemble des qualités morales qui se développent » mais elle est aussi ,comme dirait le psychologue, « l’ensemble des efforts ayant pour but de donner à un être la pleine possession et le bon usage de ses facultés ».Le ludique, outre le divertissement dans la démarche, établit une passerelle entre la connaissance et l’expérience, elle met en contact la théorie avec la réalité du monde.

Hélas ! Il n’y a pas encore une réelle volonté concertée de développer les foyers scolaires, appelés FOSCO dans notre jargon, qui sont le lieu de gestation et d’expression du ludique, par excellence. Malgré l’implantation, dans les académies, de nouveaux départements chargés de donner vie à l’animation culturelle dans nos établissements, malgré l’action remarquable des inspecteurs de vie scolaire qui en sont la cheville ouvrière, les Foscos se contentent encore d’une cérémonie d’ouverture et de fermeture en grande pompe, en restant le reste du temps dans le même registre simpliste de bals, de concerts de rap ou de battle dances. D’autre part, à l’exception de quelques lycées, comme les Maristes ou le Prytanée Militaire, peu d’administrations sont disposées à allouer un budget conséquent à la promotion des loisirs, encore moins à prévoir leur insertion efficiente dans le cycle des études.

Loin de nous, l’idée de transformer l’institution en proscénium, de faire de l’école une maison de production artistique ! Seulement, notre passion pour l’Education voudrait inviter à ne pas négliger les profondes mutations qui bouleversent notre monde, auxquelles l’enseignement ne peut pas se soustraire.
Sans doute, le ludique n’est pas la voie unique de sortie de crise. Cependant, mis au service du pédagogique, c’est, en toute logique, un recours magique, un outil magnifique, un raccourci didactique prolifique, pour entreprendre, avec nos élèves, l’odyssée fantastique vers la quête du savoir, pour que triomphe encore et toujours l’esprit, et non seulement la lettre.

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